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declaration au CDEN du 29 11 16

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DÉCLARATION LIMINAIRE FCPE 07

CDEN du 29 11 2016

 

Monsieur le Directeur académique,

Monsieur le Secrétaire général,

Mesdames et Messieurs les élus,

Mesdames et Messieurs membres du conseil,

L’Ardèche peut s’honorer d’obtenir quasi-systématiquement des résultats aux examens, brevet des collèges et CAP notamment, vraiment bons : depuis 2008, mais aussi avant, les petits Ardéchois lui donnent la première place, si classement nous regardons et acceptons, dans l’académie qui, elle, termine régulièrement dans les premières places au niveau national. Mais on constate que ces résultats s’effritent avec le baccalauréat et qu’il y a peu de réussite en troisième cycle. L’élève ardéchois est apparemment mieux instruit, les enseignants de notre département sont efficaces. Mais le devoir de l’éducation, les faire réussir tous, reste limité. Notons aussi que ces résultats sont globaux, ils incluent les élèves du public comme du privé.

Le but donc, que chaque enfant devienne un citoyen qui vive de son travail dans une société démocratique, sociale et laïque, un citoyen actif et participatif à la vie commune, est-il vraiment réalisable avec les moyens que l’État donne ? Si les résultats scolaires apparaissent bons, il y a encore beaucoup trop de déchets le long du parcours. Combien de décrochés réellement ? Dans une société où il y a autant d’argent que la nôtre, c’est une honte que de ne pas mettre tous les moyens indispensables à la réussite de tous, à l’application de la loi de 2005.

Le budget national prévoit entre autre, pour l’éducation nationale, l’atteinte des 60 000 emplois supplémentaires auxquels s’était engagé le futur Président de la République. Nous l’avions dit dès nos interventions du début de ce mandat présidentiel que ce serait insuffisant car cela ne couvrait guère que la progression démographique. Et encore eut-il fallu que cela se fasse dès 2012/2013 et non en cinq ans ! Avons-nous vu une augmentation substantielle des effectifs des enseignants, écoles primaires, collèges et lycées confondus, non. Combien de maîtres en surnuméraires ? Pas assez. Et que dire des professeurs manquants à la rentrée ? Du nombre d’enseignants remplaçants ? Et lorsque les remplacements ou les recrutements se font, des heures perdues qui ne sont jamais totalement rattrapées ? Tout cela paraît en contradiction avec les résultats aux examens, mais on ne peut nier que le résultat final, les études de troisième cycle sont très insuffisantes pour une société qui avance à grands pas vers des besoins importants de connaissances pour dominer son travail et pouvoir être actif dans l’entreprise et hors de l’entreprise. Nous vous demandons, M. le Directeur, car cela est très difficile de l’obtenir des établissements qui le prennent à leur encontre alors qu’il s’agit au contraire de les aider, de faire parvenir au CDPE chaque mois, cela doit être possible sans problème avec les moyens informatiques dont vous disposez, la situation des non remplacements dans les écoles, collèges et lycées, publics, de l’Ardèche. Il ne s’agit nullement pour nous de connaître qui est absent, mais de pouvoir mieux appréhender cette situation, notamment dans les établissements du second degré. Nous vous en remercions par avance.

Venons-en à quelques chiffres.

Encore deux écoles fermées à cette rentrée. Une fermeture d’école, c’est un peu la fin d’un village. La carte du département blanchit peu à peu, surtout côté montagne. Et pas que par les « têtes blanches ». Toujours 15 villages avec une école privée et pas d’école publique, notamment dans la zone la plus peuplée, le nord-Ardèche. Encore une fois, nous dénonçons cette situation que nous appelons anticonstitutionnelle, démontrez-nous le contraire s’il vous plaît. Nous réaffirmons, et nous demandons de bien faire suivre M. le Préfet, l’impérieuse nécessité d’abrogation de la loi Debré, car elle contredit la Constitution où il est écrit que nous sommes dans une république indivisible et laïque.

La rentrée 2016 se solde avec 229 élèves en moins que 2015. On peut facilement calculer, car le ministère a la calculette facile, que cela représente 7 classes en moins. Mais il faut être clairvoyant, ce que nous asseyons de faire à la FCPE, cela représente moins d’un élève par école. Le taux d’encadrement qui peut paraître bas, 22,34 %, est à mettre en rapport avec la réalité du terrain ardéchois déjà trop morcelé : 56 % d’écoles de moins de 4 classes. Et des transports permanents pour beaucoup trop, des distances inacceptables pour des tout petits.

La baisse des effectifs en maternelle nous inquiète au plus haut point. Comment peut-on, dans un département où il y a une trentaine d’années, sûrement moins, la quasi-totalité des moins de trois ans entraient à l’école maternelle, accepter sans se poser de questions que les effectifs baissent ? La diminution depuis 2013/2014 de ce nombre d’élèves est certes à rapprocher des pertes d’emplois qui entraînent des déplacements de travailleurs, ceux qui ont des enfants, mais cela n’est pas suffisant. Nous rappelons que la FCPE exige depuis toujours que chaque enfant de moins de trois ans puisse entrer à l’école à la demande des parents. Encore faut-il d’abord que les possibilités d’accueil, donc le nombre d’enseignants prévus soit vraiment suffisant, qu’il soit supérieur aux seules prévisions, car elles sont inférieures aux réelles nécessités, et que le but, caché certes, de faire en sorte que plus d’enfants rentrent en école privée soit abandonné. La maternelle est pour nous essentielle, elle nécessite beaucoup plus de moyens, de prise en compte des recherches, de développement des activités artistiques ; une diminution du nombre d’élèves par classe et une augmentation de la formation des enseignants. Et nous ajoutons que : qui dit formation dit remplacements.

La formation des enseignants, une donnée essentielle pour la réussite de nos enfants. Sept postes un quart seulement pour l’Ardèche. Un seul mot : insuffisant. Quelles possibilités d’aborder les progressions de la recherche en sciences de l’éducation, en didactique, etc ? De se ressourcer par des méthodes différentes ? Les enseignants devraient être aux premières loges de la formation, car ils s’occupent de l’avenir de la société, des adultes de demain, or ils en sont des parents pauvres. C’est inadmissible. L’instruction perdure mais l’apprendre à apprendre si indispensable n’est toujours pas au rendez-vous, demandez aux professeurs de lycées. Et ça, c’est la faute à l’État. Nous n’abordons pas leur suivi personnel par la médecine du travail puisqu’il n’y en a pas.

Le nombre de postes pour cent élèves. Encore une fois, nous sommes largement bien placés et nous ne devrions pas nous plaindre. Regardons l’Isère et la Haute-Savoie ! Mais ce sont des départements totalement différents, tant par les emplois et rémunérations que par la réalité démographique et géographique.

Les Réseaux d’Éducation Prioritaire. Ils n’apparaissent même plus sur la carte.

Les collèges : 23,30 élèves par division à la rentrée 2010/2011 et 24,08 à cette rentrée, une dotation horaire qui diminue sur la même période et passe de 1,29 à 1,25. Bel exemple de la prise en compte de la démographie et de la rénovation.

Où est passée la priorité à l’éducation nationale ? Au privé peut-être ! Alors que leurs effectifs diminuaient régulièrement il y a plusieurs années, on constate, depuis la mise en place des réformes, une augmentation régulière de leurs effectifs. On voit aussi que le nombre d’enfants accueillis de moins de trois ans est bientôt proche de celui du public, alors qu’ils ont beaucoup moins d’écoles. Le H/E à la rentrée 2012 était inférieur à celui du public, il l’est aussi à cette rentrée, mais il ne tient pas compte de leurs encaissements complémentaires.

L’importance de l’apprentissage des langues étrangères n’est pas à démontrer mais nous avons du mal à suivre l’évolution avec la rénovation. Merci de nous faire parvenir les structures et options pour cette année scolaire et les prévisions pour la rentrée prochaine et les mêmes tableaux pour le privé.

Notre inquiétude grandit, en ce début d’année scolaire, en ce qui concerne la santé, l’éducation et l’accompagnement des enfants.

Le poids des cartables reste un sujet particulièrement préoccupant, tout comme la solution que certains préconisent : le tout numérique. Nous savons déjà qu’il ne s’agit en aucun cas d’une solution globale. Le numérique peut certes aider à pallier certains manques, mais il n’est pas souhaitable que les enfants augmentent leur temps d’écran journalier. Le corps médical recommande aux enfants de ne porter que 10 % au maximum de leurs poids. Nous en sommes très loin, les cartables pèsent en moyenne 7 kg pour des élèves de 6°. En ce sens, nous regrettons vivement le choix du conseil départemental qui n’a pas reconduit le deuxième jeu de livres pour les 6°. Merci au Conseil départemental de rétablir ce deuxième jeu.

Pour ce qui est de la cinquantaine d’enfants ayant une notification MDPH et qui n’ont toujours pas d’AVS à ce jour, la FCPE et SNUIPP a adressé un courrier commun à nos députés ardéchois leur demandant d’agir d’une part dans le cadre du vote du budget 2017 afin d’attribuer les moyens en adéquation avec les besoins et d’autre part pour exiger du ministère de l’éducation nationale la « rallonge budgétaire » pour que notre département puisse, dès à présent, permettre les recrutements nécessaires pour assurer auprès de chaque élève l’accompagnement notifié par la MDPH.

Concernant la fermeture des CIO de Tournon sur Rhône et de Privas, cette décision nous parait absolument incompréhensible. Nous savons tous l’importance de l’accompagnement des élèves pour tout ce qui concerne l’orientation, nous savons aussi l’impérieuse nécessité d’épauler et d’informer leurs parents. Vous connaissez tout comme nous la topographie de l’Ardèche, Pensez-vous que les familles et les élèves feront 2 h à 3 h de route pour se rendre au CIO d'ANNONAY ou AUBENAS ? Nous ne le pensons pas et ce sont autant d’élèves qui ne pourront avoir accès aux outils, aux entretiens proposés par les CIO.

Pour terminer, nous souhaitons apporter notre soutien à la demande d’ouverture d'une ULIS Collège à la prochaine rentrée au collège Chamontin du Teil.

Merci pour votre écoute