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déclaration CDEN 3 02 2016

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CDEN 3 FEVRIER 2016

DECLARATION LIMINAIRE

M. le Préfet,
M. le Président,
M. le Directeur,
Mmes et MM. les élus et autres représentants,

La FCPE de l'Ardèche tient d'abord à s'élever contre ce projet d'intégration d'un État d'urgence permanent dans notre Constitution. Cela va à l'encontre des valeurs que nous défendons : cette intégration mettra, de fait, nos enfants en état de guerre permanent. Nous ne pouvons concevoir de mettre nos enfants dans un esprit de suspicion continue, de peur du gendarme incessante. Nous revendiquons un État de paix perpétuelle.

Nous vous demandons, Mmes et MM. les élu(e)s, M. le Préfet, de bien faire connaître notre position à tous les responsables politiques en charge, à quelque titre que ce soit, de l'Éducation et de l'avenir de notre jeunesse, notamment députés et sénateurs.

Monsieur le Directeur, nous avons bien reçu le tableau de bord départemental et nous vous en remercions ; il nous semble qu'il ne nous a jamais été communiqué aussi tôt. Cependant, nous, représentants FCPE, tenons à souligner combien est difficile de nous concerter avec l'ensemble de nos conseils locaux, d'obtenir des renseignements pour mener à bien notre mission. Nous ne pouvons que faire le constat que nous ne sommes pas conviés à participer, en amont, aux discussions de préparation du CDEN. Il nous faut aller à la « pêche aux informations » pour obtenir, au mieux, le seul compte-rendu du CDTP.

Dans une logique organisationnelle, nous devrions, à tout le moins, être invités lors des CDTP. Car les discussions qui y ont lieu ne sont pas uniquement syndicales, dans la mesure où les enseignants interviennent, à juste titre, en fonction des effectifs prévisionnels qui ont été étudiés avec les mairies. Nous pourrions, au moins, rencontrer la Direction Départementale des Services de l'Éducation Nationale avant toute réunion du CDEN, afin de pouvoir obtenir toutes les informations nécessaires et utiles, faire valoir nos arguments et pouvoir nous concerter avec les éléments donnés, voire nous rapprocher des parents d'élèves avec des informations précises si nécessaire. Au lieu de cela, nous passons un temps infini et dépensons une énergie qui aurait été profitable pour d'autres actions, à collecter des informations. Ce n'est pas normal. Bien que ces réunions préparatoires ne soient pas prévues par les textes, rien ne les interdit ! Faire de la politique éducative sans l'inclusion des parents, c'est nier la démocratie.

La prochaine rentrée scolaire verra une augmentation des effectifs dans le préélémentaire de plus de 5 % ; parallèlement, il faut noter encore une diminution importante des entrées des enfants de 2 ans, alors que ces inscriptions étaient une priorité de la loi Peillon.

Où est passée cette priorité ? Inutile de nous répondre que nous sommes au-dessus de la moyenne nationale, ce n'est pas un argument pédagogique ; c'est simplement une logique économe - et non économique - consommatrice de pertes de culture et de codes éducatifs indispensables à la réussite de scolarité de chaque élève. Une telle logique ne peut qu'augmenter le nombre des décrocheurs et entraînera une distribution d'argent encore plus importante pour essayer de « raccrocher » des élèves perdus.

Nous voudrions aussi pointer des méthodes qui nous semblent peu vertueuses. Prenons l'exemple de Sarras. L'an passé, sauf erreur de notre part, il a été proposé une fusion entre la maternelle et l'élémentaire. Devant les discussions, les services de l'Éducation nationale ont laissé entendre que s'il n'y avait pas fusion, il y aurait une fermeture de classe. Devant ce « chantage », les deux conseils d'école ont accepté la fusion. Pourtant, le poste a, quand même, été supprimé. Certes, il y a eu un poste provisoire, on voit ce qu'il devient. La FCPE ne peut concevoir que la coéducation, affirmée dans les textes, se traduise par ce type de relations entre la DDSEN et les parents d'élèves, dont on comprend l'amertume. Ces façons de faire, bien aventureuses, ne peuvent que déstabiliser et indisposer les citoyens, avec le risque de les entraîner sur des pentes électorales nauséabondes.

Nous notons aussi que 3 villages ardéchois de plus n'auront plus d'école publique. A quand une grande école par canton, sur le même mode de gestion des ARS qui organise la perte des lits des hôpitaux locaux ? Nous souhaitons attirer votre attention plus particulièrement sur Borée, mais nous le prenons surtout comme exemple. Au vu de sa zone géographique et pour le bien commun des enfants, fermer cette école est une erreur fondamentale à nos yeux : si nous pouvons comprendre la logique mathématique de vos services, nous ne la partageons absolument pas. Rappelons qu'en Ardèche, il faut tenir compte du relief : ici, on ne compte pas en kilomètres mais en temps.

La refondation ! Où sont tous les postes promis par le Ministère et la présidence de M. Hollande ? Car, s'il y en a en plus sur le quinquennat, ils couvrent à peine la pression démographique. Affirmer la priorité donnée à l'Éducation est un objectif qui nous semble, d'ores et déjà, largement caduc.

Qu'en sera-t-il alors de la réforme du collège ? Nous nous posions déjà bien des questions quant à son application. Comment faire de l'approfondissement personnalisé s'il est fait en classe entière ou quasiment, si l'on oppose personnalisé à individualisé. Certes, tout accompagnement personnalisé n'est pas forcément individualisé, mais il devrait pouvoir l'être aussi. Et personnalisé ne devrait surtout pas être « globalisé ». Nous avions noté, même si certains d'entre-nous émettaient des doutes, que le but de cette transformation pédagogique et fonctionnelle était de lutter contre l'élitisme, notamment à travers les changements inhérents aux classes bi-langues. Mme la Ministre elle-même, a contribué largement à soulever un énorme doute sur la réalité de cet objectif de lutte contre l'élitisme que nous soutenons. Dès à présent, nous faisons face à une prévision de rentrée de collège où l'élitisme bât son plein, accentuant les inégalités entre élèves selon les territoires : Paris conserverait 100 % des classes bi-langues, qui seront reconduites dans les faits, alors que Grenoble verrait 78 % de ces classes supprimées. Qu'en sera-t-il de l'Ardèche, face à cette décrépitude annoncée de la réforme du collège ?

En conséquence, vous comprendrez que nous ne limitions pas ou plus à reconnaître, comme nous le demande la loi, si le principal a bien fait son travail. Nous demanderons à nos représentants de se positionner sur la dotation globale qui est proposée : s'ils pensent qu'elle est suffisante pour assurer la réussite de tous, pour réussir la refondation, ils la voteront, mais ils pourront la rejeter s'ils pensent qu'elle ne l'est pas. Nous ferons de même pour les lycées.

Quelles que soient les politiques éducatives et culturelles menées, nous demeurerons extrêmement vigilants, au sein des écoles publiques, pour exiger et veiller à l'attribution de réels moyens financiers et surtout humains, au plus proche des besoins et intérêts des enfants, pour leur assurer la réussite scolaire que l'État leur doit constitutionnellement. Tous les enfants sont égaux entre eux. C'est le credo du ministère de l'Éducation nationale, fondée sur la devise de notre République. « Tous capables » : c'est dans le texte de la Refondation. Nous, nous affirmons depuis toujours qu'ils sont tous en capacité de réussir au départ. Pour autant, entre Borée et Paris, qu'en sera-t-il, avec les mesures annoncées, de l'Égalité entre le petit élève ardéchois et le petit élève parisien ?

Nous ne saurions terminer sans affirmer le fait que nous voulons être réellement considérés comme des coéducateurs. Tel que le Code de l'Éducation le prévoit, avec nos connaissances, nos compétences, notre diversité certes, mais aussi nos qualités et nos défauts, tout comme vous. Nous réclamons d'être pleinement des membres de la communauté éducative, qui reçoivent toutes les informations utiles, dans des délais permettant réflexions, échanges et discussions effectifs. Nous revendiquons d'être des partenaires qui aient les moyens de participer à l'élaboration des politiques éducatives, en faisant valoir un statut du parent délégué effectif qui permette aux parents fédérés des écoles, collèges et lycées publics d'intervenir et d'interagir dans tous les niveaux et toutes les structures publiques d'organisation propres à la politique éducative en France.

Nous vous remercions pour votre écoute. Nous comptons sur vous pour améliorer la qualité et l'efficacité de nos échanges et de notre collaboration, pour œuvrer en faveur d'une réussite scolaire égale pour tous les enfants, sur tout le territoire national.